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Renforcer les écosystèmes africains avec DIGITAL AFRICA : retour d’expérience des “Ecosystems Builders”

27
Mar 2020

Mercredi 4 décembre – Jour 1 – Plénière 4 – Auditorium, thecamp – 14h00 – 15h30

Modération par Christian JEKINNOU, Coordinateur Afric’Innov, France

 

Panélistes :

  • Rebecca ENONCHONG– Présidente d’Afrilabs – Cameroun
  • Olivier FURDELLE– Co-fondateur de Teranga Capital – Sénégal
  • Tomi DAVIES– Président d’African Business Angels Network – Nigeria
  • Ninon DUVAL– Directrice de Bond’Innov – France
  • Erick YONG – Co-fondateur GreenTec Capital – Allemagne
  • Scott ONDER– Mercy Corps Europe – USA

Mise en contexte

Mercredi 4 décembre, à l’occasion de l’ouverture officielle de l’Édition 2019 d’EMERGING Valley, le Directeur Général Délégué de l'Agence française de Développement Bertrand Walckenaer a annoncé le lancement d'une facilité de 15 millions d'euros. Cette dernière sera destinée à financer les premiers pas de startups africaines, à travers le fonds d'amorçage DIGITAL AFRICA opéré par GreenTec Capital, African Business Angels Network, Afrilabs, Mercy Corps ou encore Teranga Capital. Cette plénière vient donc détailler cette annonce, en compagnie des opérateurs désignés de la Facilité. Multiplication des incubateurs en Afrique et débat sur leur pertinence, difficulté pour les investisseurs matures à adresser les besoins des startups du digital : autant de problématiques partagées par les panélistes, et auxquelles les programmes développés en partenariat avec l’AFD vont tenter de répondre.

Prises de parole

Accompagner les Hubs avec un programme de formation sur mesure

C’est Rebecca ENONCHONG qui ouvre cette plénière en présentant Afrilabs, structure dont elle est Présidente est qui est née en 2011 de la réunion de 5 incubateurs africains qui ont souhaité collaborer, apprendre et partager. Cette communauté comprends aujourd’hui 174 hubs répartis sur 45 pays. La vocation d’un Hub est d’accompagner les entrepreneurs, et ce jusque très en amont dans leur cycle de vie : en Afrique, ils ont une responsabilité que d’autres n’ont pas ailleurs qui est de créer l’entrepreneuriat, en allant dans les universités pour organiser des clubs de jeunes, en dispensant des formations techniques pré-entrepreneuriat.. C’est parce que cette mission n’est pas sans lacune et que la polémique existe sur la qualité de certains Hubs qu’Afrilabs a créé un programme d’accompagnement qui leur dédié, issu des bonnes pratiques et avec des formations certifiantes délivrées par une Université partenaire. L’AFD soutient ce programme avec 2 Millions € sur trois ans, qui commence par une évaluation du niveau des hubs et de leurs lacunes, avant la mise en place d’un curriculum sur mesure : un programme conçu par les hubs et pour les Hubs.

 

 

 

« Le succès d’Afrilabs reflète la progression importante des hubs en Afrique : à nos débuts en 2011 il n’y avait qu’une vingtaine de hubs sur le Continent, quand on en dénombre plus de 600 aujourd’hui ! »                                        R. Enonchong

 

 

 

Labéliser les incubateurs, pour distinguer les structures professionnelles

Autre programme soutenu dès ses débuts par l’AFD, Afric’Innov, mis en place par Bond’Innov dont la Directrice est Ninon DUVAL, qui explique que ces structures d’appui aux startups sont de plus en plus visibles et, depuis peu, outillées. L’offre est aujourd’hui très riche et dynamique, avec des méthodes de plus en plus professionnelles même si elle demeure fragile et ne peut répondre à tous les besoins, notamment ceux des startups les plus matures. Ainsi malgré les critiques formulées sur ces hubs, on constate que les taux de survie sont bien supérieurs pour les startups qui sont accompagnées et référencées dans ces communautés d’entrepreneurs. Avec 60 incubateurs sélectionnés issus de 18 pays, Afric’Innov est un réseau très francophone, qui propose des services à valeur ajoutée pour les incubateurs, tels que des outils de suivi destinés à faciliter leur quotidien, également soutenu par un programme de 2 millions € de l’AFD. Afric’Innov a développé un service de labellisation des incubateurs, pour distinguer les structures réellement capables de délivrer des services professionnels et avec pour objectif de labéliser une cinquantaine de Hubs en Afrique. Le passage à l’échelle d’Afric’Innov, c’est aussi la naissance d’une structure à Dakar, avec une équipe de 5 personnes sur place pour développer une communauté de près de 110 membres.

 

 

 

« Comment monter un incubateur, comment accompagner des startups, comment les suivre et être prêts pour les investisseurs : former les incubateurs c’est aussi investir dans la durée, puisque chacun d’entre eux accompagne en moyenne 10 startups par an » N. Duval

Focus : Le Fonds d’amorçage de l’AFD

Pour faciliter l’accompagnement et le financement des start-up africaines, l’Agence française de développement (AFD) lance un nouveau fonds d’amorçage doté de 15 millions d’euros. Un coup d’accélérateur pour tout l’écosystème numérique du continent. Le dispositif d'accompagnement et de financement initié par L'Agence française de développement couvre 45 pays d’Afrique et permettra aux start-up émergentes d’accéder à un soutien financier pouvant aller jusqu’à 300 000 euros via des partenaires locaux de l’AFD.

Investir son temps et ses réseaux d’affaires au profit des startups

C’est ensuite au tour des Business Angels de s’exprimer, avec l’intervention du Président d’African Business Angels Network (ABAN), Tomi DAVIES, pour qui le cœur de métier des Business Angels n’est pas l’argent, mais bien l’accès à leurs réseaux d’affaires qui représente un investissement bien plus précieux. Le temps également bien sûr, pour mentorer, guider et conseiller : le Business Angels est celui qui va décrocher son téléphone pour vous, et vous mettre en relation. ABAN travaille depuis 2015 à renforcer le réseau des Business Angels en Afrique, ayant accueilli pour la seule année 2019 de nouveaux réseaux au Sénégal, au Mali, au Bénin et même un réseau panafricain au Maroc. L’Afrique a toujours eu des investisseurs dans la construction ou le commerce, mais il est difficile de trouver de l’expertise en matière de technologie et d’informatique selon T. DAVIES. C’est tout le rôle d’ABAN : identifier et éduquer les investisseurs locaux sur le digital, avant de les fédérer. Aujourd’hui le Réseau compte plus de 30 réseaux nationaux en Afrique, et son rôle ultime est de les connecter aux décideurs politiques, puisqu’ils constituent bien un atout de développement. Le soutien de l’AFD se manifeste au travers du programme CATALYST : chacun des investissements effectués par les Business Angels du Réseau Aban sera doublé par l’Agence.

 

« L’investissement le plus précieux offert par les Business Angels, ce n’est pas leur argent mais bien leurs réseaux d’affaires : le risque réputationnel vaut bien plus que de l’argent » T. Davies

 

 

 

 

 

Sortir les startups de la vallée de la mort en finançant leur passage à l’échelle

Olivier FURDELLE, Co-fondateur de Teranga Capital, représente la famille Investisseurs et Partenaires, le Fonds monté par Jean-Michel Severinoqui réalise du financement en capital auprès de PME et startups depuis 2002. Plus de 100 entreprises ont été financées par le Fonds à ce stade, avec plus de 30 sorties et 7 pays en Afrique dont un bureau à Dakar, qu’il anime. Au travers de ses 15 ans d’expérience, I&P s’est aperçu qu’il était difficile de faire se rencontrer startups du digital et investisseurs tels qu’I&P, en raison du manque de préparation à l’investissement des jeunes pousses et de leur difficulté à sortir de la vallée de la mort. Soutenu à hauteur de 2M€ par l’AFD, I&P lance à présent « I&P accélération technologie », pour financer pendant 3 ans une quinzaine de startups africaines à fort potentiel, et appuyer leur passage à l’échelle. À côté de l’accompagnement, I&P réalise ainsi un investissement non-intrusif au capital, sous la forme d’avances remboursables de long terme de 30 000 à 300 000 €, sans intérêt et sans caution.

 

 

« Appuyer les entreprises à fort potentiel pour qu’elles soient en capacité d’aller décrocher des investissements traditionnels, auprès de VC notamment, et accélérer ainsi leur sortie de la vallée de la mort »                                        O. Furdelle

 

 

 

 

Investir dans des startups à impact humanitaire, en Seed et Série A

L’organisation humanitaire internationale Mercy Corps, dont Scott ONDER est Managing Directeur pour le volet Ventures, travaille dans 45 pays où elle aide à développer des communautés productives, justes et sécurisées dans des situations de crise. L’ONG travaille dans 18 pays en Afrique avec sa division Ventures comme filiale d’investissement à impact, qui sélectionne des startups sociales traitant de problèmes humanitaires pour des investissements en Equity et en dette convertible. Ce auprès de startups early stage, en Seedou en Série A, sur des thématiques telles que l’inclusion financière, l’agriculture, l’entrepreneuriat féminin ou encore l’adaptation au climat. Avec le support de l’AFD, l’ONG a développé un partenariat avec Suguba pour incuber puis accélérer 10 entrepreneurs digitaux chaque année en Afrique subsaharienne. Cela en leur offrant un accompagnement sur-mesure via un rôle d’observateur au board, pour aider à la structuration des entreprises, mais aussi via du conseil sur leur stratégie marché, la segmentation client, etc.. Grace au support de l’AFD, qui s’élève à 3 Millions €, Mercy Corps peut étendre ses services à des marchés moins matures, et ainsi combler le fossé de financement avec les toutes jeunes startups.

 

« Se connecter aux réseaux de Hubs en Afrique et intégrer une plateforme d’investisseurs telle que celle créée par la Facilité de l’AFD, c’est pour nous l’opportunité de mieux coordonner le capital, des business angels aux fonds plus matures, en passant par les fonds d’amorçage » S. Onder

 

 

 

 

Allouer des prêts à taux zéro, à des startups dont on connait la capacité opérationnelle

Erick YONGCo-fondateur de Greentec Capital, clôture cette plénière en expliquant pourquoi les Fonds d’investissements ont plus de difficulté à accompagner les jeunes pousses que leurs clients habituels : un des aspects financiers important concernant les startups en Afrique est que ce sont de jeunes structures, qui ont besoin de montants bien plus petits. Ce stade est délicat pour les sociétés d’investissements puisque le coût de traitement des petits comme des gros tickets est le même, ce qui rend les petits tickets bien moins rentable. Néanmoins, les méthodes de travail développées par Greentec Capital leur permettent d’avoir une analyse très profonde de la capacité opérationnelle des sociétés, comme et sur leur capacité d’absorption des fonds, ce qui est crucial pour s’assurer de l’ impact de l’investissement. C’est pourquoi le programme développé en partenariat avec l’AFD s’appuie sur ces méthodes, en incitant Greentec Capital à proposer d’allouer des prêts à taux zéro allant jusqu’à 25 000€ aux startups en co-investissement avec l’Agence, qui finance le programme à hauteur de 3 millions €.

 

 

 

« Notre programme vise des structures qui seront en capacité de rembourser, afin de pouvoir continuer à financer par la suite pour créer une dynamique, au profit d’autre startups qui auraient besoin de ces montants » E. Yong

 

Synthèse

Si les Tech Hubs et la réalité de leur action sont souvent remis en question, les études d’impact tendent à montrer que les chiffres de succès des startups sont bien plus élevés lorsqu’elles sont accompagnées. C’est dans cette optique que la Facilité de l’AFD appuie deux réseaux de hubs africains : Afrilabs et Afric’Innov. Côté financement, les panélistes font le constat qu’il est souvent difficile d’accompagner les startups du digital pour les investisseurs, de par la nature même des jeunes pousses, souvent de trop petite taille pour être investies. C’est pourquoi l’AFD a choisi de réserver un volet important de sa facilité pour appuyer ces Fonds, et réduire ainsi la « Vallée de la Mort » pour les entrepreneurs : les startups à impact devraient ainsi voir toute la diversité de leurs besoins en financement couverte par l’initiative, qui appuie aussi bien les Business Angels que les Fonds d’amorçage et d’investissement, la plateforme créant ainsi une meilleure coordination du capital sur le Continent.

À retenir

LA FACILITÉ DE L’AFD SOUTIENT DES PROGRAMMES DE FINANCEMENT ET D’ACCOMPAGNEMENT DES STARTUPS SUR LE CONTINENT, DE L’IDÉATION AU PASSAGE À L’ÉCHELLE ET À HAUTEUR DE 15 MILLIONS €

AFRILABS A CRÉÉ UN PROGRAMME D’ACCOMPAGNEMENT DÉDIÉ AUX HUBS, AVEC DES FORMATIONS CERTIFIANTES

AFRIC’INNOV A DÉVELOPPÉ DES SERVICES DE FORMATION À VALEUR AJOUTÉE POUR LES INCUBATEURS, AVEC 52 CHAPITRES TRÈS STRUCTURÉS ET ADRESSÉS DIRECTEMENT AUX ÉQUIPES

ABAN IDENTIFIE ET ÉVANGÉLISE LES INVESTISSEURS LOCAUX SUR LE DIGITAL, POUR RENFORCER LE NOMBRE DE BUSINESS ANGELS EN AFRIQUE

I&P ACCELERATION TECHNOLOGIE FINANCE PENDANT 3 ANS 15 STARTUPS AFRICAINES VIA UN INVESTISSEMENT NON-INTRUSIF AU CAPITAL, SOUS LA FORME D’AVANCES REMBOURSABLES DE LONG TERME DE 30 000 A 300 000 €, SANS INTERET ET SANS CAUTION

MERCY CORPS VENTURE ADRESSE DES STARTUPS EARLY STAGE SUR LES THÉMATIQUES HUMANITAIRES EN AFRIQUE, VIA UN ACCOMPAGNEMENT DE 3 ANS ET UN INVESTISSEMENT EN SEED OU EN SERIE A

GREENTEC CO-INVESTIT AVEC L’AFD, EN ALLOUANT DES PRÊTS À TAUX ZÉRO AUX STARTUPS, ALLANT JUSQU’À 25 000€

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