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L’innovation organique s’invente en Afrique et au Sud : à la rencontre des acteurs du terrain

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Juin 2019

Plénière du 21 novembre 2018 –  Modération par France 24

thecamp – Emerging Valley

➢     Rajeev Kher, CEO et Fondateur de SaraPlast (Inde)
➢     Aphrodice Mutangana, Directeur Général du kLab (Rwanda)
➢     Sihle Tshabalala, CEO et Fondateur de Quirky 30 (Afrique du Sud)
➢     Claude Borna, Conseillère Numérique de la Présidence du Bénin et CEO de Sèmè City (Bénin)
➢     Astria Faraki, CEO et Fondatrice  de Energy Generation (Togo)

Steve Tchoumba, Manager d’ActivSpaces (Cameroun)

Le numérique comme solution à des problèmes concrets en Afrique : exemple des secteurs de l’énergie, de l’éducation et de la santé

 

“La jeunesse africaine est ingénieuse. Et il faut la former afin qu’elle soit au coeur de la transition énergétique africaine. Aujourd’hui, par exemple, nous formons des jeunes à innover en transformant le plastique en carburant”

Astria Faraki et son organisation Energy Generation s’illustrent parmi ces initiatives africaines majeures qui pallient à l’absence d’infrastructures en Afrique, dans le secteur de l’énergie particulièrement. Elle a créé cette organisation panafricaine en partant d’un double constat : celui que l’énergie est un important vecteur de développement socio-économique et qu’il est presqu’impossible de répondre à la problématique de l’accès à l’énergie en Afrique avec des ressources uniquement locales. Elle a donc développé l’objectif de former la jeunesse africaine à innover dans le secteur de l’énergie afin qu’elle soit au coeur de la transition énergétique africaine, en se concentrant sur l’acquisition de compétences techniques mais également entrepreneuriales.

 

“Mon business, c’est de vendre de l’espoir”

Sihle Tshabalala disrupte quant à lui le secteur de l’éducation avec Quirky30, une organisation sans but lucratif qui forme des jeunes défavorisés à l’acquisition de compétences digitales et entrepreneuriales. Après un parcours atypique incluant une période en prison de 11 ans, il s’est engagé à démocratiser l’innovation au sein des communautés qui ont toujours été exclues. Son ambition ? Changer l’état d’esprit des enfants de ces communautés en leur transmettant la conviction qu’ils ont le contrôle sur leur destin et qu’ils peuvent toujours choisir.

 

“Si vous voulez avoir le plus d’impact possible vous devez mobiliser des ressources de capital privé, de crédit ou de capital-risque, et développer votre business”.

Autre entrepreneur à impact du panel, Rajeev Kher s’illustre dans le secteur de l’assainissement avec son entreprise Sara Plast qui produit des toilettes et des solutions de gestion des déchets innovantes et digitales. Afin qu’une entreprise sociale aie de l’impact, Rajeev Kher soulignait la nécessité de créer une entreprise rentable et apte à passer à l’échelle. Il donnait ainsi l’exemple de Sara Plast qui était “partie de rien” et qui bénéficiait aujourd’hui de l’appui de nombreux partenaires et du gouvernement. Ils ont développé récemment des bus gérés par des femmes et pour des femmes qui constituent des stations d’allaitement uniques.  La startup souhaite aujourd’hui partager ses différentes solutions d’assainissement dans le reste du monde et a l’intention de s’étendre en Afrique, notamment au Ghana et au Kenya.

 

L’accompagnement des entrepreneurs à impact : focus sur ActivSpaces et le kLab

 

“C’est dur, c’est difficile mais avec le réseau on y arrive”

Steve Tchoumba a travaillé pendant 9 ans au côté des entrepreneurs à ActivSpaces. Avant même de les accompagner, il évoquait le travail d’éducation réalisé en amont auprès des communautés afin de les sensibiliser à leur mission. Il revenait sur la nécessaire mais aussi difficile tâche d’accompagner ces entrepreneurs qui résolvent de vrais problèmes quotidiens de leur communauté, là où les efforts du gouvernement se révèlent insuffisants. Face à ces difficultés, l’appartenance à un réseau tel que celui d’Afric’Innov leur permet d’améliorer leur travail d’accompagnement grâce aux différents contenus, plateformes et méthodes partagées par la communauté.

 

Autre exemple d’incubateur au sein du panel, Aphrodice Mutangana présentait le kLab, qui aide les jeunes Rwandais à concrétiser leurs idées innovantes et leur offre un espace, un accès à internet et des mentors. Créé en 2012, le kLab compte aujourd’hui plus de 2000 membres et 200 entreprises, avec 60 d’entre elles qui ont atteint le seuil de rentabilité. Leur accompagnement repose sur une approche orientée “tech4good” : trouver un problème auquel la société est confrontée et utiliser les technologies pour le résoudre.

 

Le rôle du gouvernement dans l’accélération des innovations sociales : l’exemple de Sèmè City

 

“C’est un labo à ciel ouvert, on va mesurer, se tromper, apprendre rapidement et corriger tous ensemble pour avoir un impact. Il ne s’agissait pas de faire un éléphant blanc et attendre, ce n’est pas ça l’innovation.”

Claude Borna, “intrapreneuse du secteur public” selon ses mots, soulignait le caractère innovant et transversal du projet Sèmè City. Projet du secteur public porté par des entrepreneurs, il répond à l’ambition du gouvernement béninois de créer au Bénin une “économie du savoir, créatrice d’emplois, génératrice de richesses et contribuant à un développement durable et inclusif”. Sèmè City est ainsi né de la volonté de créer un espace permettant à tous les Béninois et étrangers de contribuer au développement du pays. Cité internationale de 5000m2, volontairement ouverte au monde, elle se veut stratégiquement placée entre la frontière du monde africain francophone et anglophone. Elle héberge actuellement des écoles d’informatique, de design et des centres de recherche qui participent à la co-construction des lieux, et lance régulièrement des appels à candidature auprès d’entrepreneurs aux idées innovantes dans ce même objectif de collaboration. Ses programmes sont ouverts à tous les porteurs de projets, résidants ou internationaux, à la seule condition que l’impact socio-économique de leur projet soit au Bénin.

 

Synthèse

De nombreux entrepreneurs en Afrique naissent d’une volonté commune de pallier au manque d’infrastructures et de répondre aux problèmes urgents rencontrés par le continent dans différents secteurs,en utilisant les technologies comme catalyseurs d’impact. Au coeur de la mission de startups comme Energy Generation ou Quirky 30, l’ambition de rendre la jeunesse africaine autonome et actrice de son avenir et de celui du continent. Ces entreprises à impact ne diffèrent pas des autres et doivent répondre aux mêmes exigences de rentabilité et de passage à l’échelle afin d’assurer la pérennité de leur projet et de maximiser leur impact. Afin d’accompagner l’essor de ces innovations sociales, plusieurs structures d’accompagnement se mobilisent à travers le continent, avec l’appui parfois de certains gouvernements. C’est notamment le cas du gouvernement béninois qui s’illustre par son projet disruptif, Sèmè City, véritable symbole d’un écosystème d’innovation ouvert et collaboratif, à la croisée du secteur public et de l’entrepreneuriat.

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