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« L’émergence du Leadership Entrepreneurial africain » – Créer un pipeline durable pour les investisseurs par le sourcing et la formation des Leaders Africains de demain

« L’émergence du Leadership Entrepreneurial africain » – Créer un pipeline durable pour les investisseurs par le sourcing et la formation des Leaders Africains de demain

19
Mar 2020

4 Décembre – Jour 1 – Plénière 3 – Auditorium, thecamp 11h25 – 12h35

Co-animée par Veda SUNASSEE, Directeur de l’African Leadership University – Rwanda

& Hatoumata MAGASSA, Coordinatrice AFIDBA – Mali

 

Panélistes :

  • Pierre BUHLER – Président de l’Institut Français
  • Rebecca HARRISON– CEO de l’African Management Institute – Kenya
  • Mehdi ALAOUI – Fondateur de LaFactory – Maroc
  • Josiah KWESI EYISON – Cofondateur de iSpace Foundation – Ghana
  • Emmanuel NOUTARY– Délégué Général ANIMA – France
  • Fatoum NASSER – CEO de Yummy & Alumni SIBC 2018 – Libye

Mise en contexte

En Mai dernier, deux incubateurs phares du continent fusionnaient, avec le rachat du kenyan iHub par le CcHUB nigérian, donnant naissance à une superstructure d’accompagnement africaine, figure de proue des plus de 600 Tech Hubs que compte le Continent. S’appuyant sur un réseau de mentors, ces structures contribuent souvent à professionnaliser et crédibiliser l’écosystème, et de nombreuses pépites africaines sont issues de leurs rangs. Leur nombre aurait progressé de 40% uniquement en 2018 tandis que certains deviennent des franchises comme Seedspace, avec 20 hubs sur le Continent ou autre Mest et Jokkolabs. Le rôle du mentor et l’émergence progressive de Role Model « made in Africa » est cruciale pour la montée en puissance d’un leadership propre au continent. Ces leaders d’aujourd’hui, ayant réussi sur le continent au sein de sociétés proprement africaines, s’investissent aujourd’hui de manière croissante dans la formation des entrepreneurs de demain. C’est l’exemple de la Tony Elumelu Foundation, sponsorisée par un mogul nigérian et qui finance depuis 2010 un programme d’accélération panafricain : 1 000 startups sélectionnées chaque année pour une formation de 12 semaines, recevant chacune une bourse de 5 à 10 000 $, soit un investissement de 100 millions $ sur 10 ans ! Mais davantage que le soutien financier, c’est la formation qui est clé pour l’avènement d’une nouvelle génération de leaders. Quel place aujourd’hui des universités africaines dans cet écosystème, quand seules sept d’entre elles (4 sud-africaines, 2 égyptiennes et une nigériane) entrent au Top 500 des meilleures universités mondiales selon le classement du Times Higher Education’s ? Comment les replacer au centre pour attirer et garder les meilleurs professeurs, et pour choisir des enseignements inspirés par et au service du continent ? Face aux chiffres alarmants du brain drain, qui montrent qu’un tiers des ingénieurs de la Silicon Valley sont nés à l’étranger dont les emblématiques Sundar Pichai, CEO de Google tandis que Steve Jobs était le père d’un immigré syrien, comment inspirer et garder les talents africains en Afrique ?

Prises de parole

Accompagner les incubateurs et les universités avec l’Union européenne

C’est Pierre BUHLER, Président de l’Institut Français, qui a ouvert le débat en revenant sur l’expérience de Saphir Lab, l’incubateur créé en 2012 par ses services pour trouver, sélectionner et accompagner des sociétés engagées dans l’économie sociale et solidaire. Une expertise de près de 8 ans ayant bénéficié à 25 jeunes pousses et sur laquelle l’Institut a capitalisé pour remporter un nouveau projet fin 2019 auprès de la DG voisinage de l’Union européenne, qui verra le développement de nombreuses actions auprès des incubateurs et des universités en Égypte, Lybie, Jordanie et Liban, l’un des objectifs étant d’ajuster les formations aux besoins du marché du travail.

 

 

« Saphir Lab est un programme extrêmement sélectif, conçu en 2012 et qui a rencontré un succès considérable avant d’être répliqué en Afrique de l’Ouest à la demande du Goethe Institute, puis au Machrek sous un projet Union européenne » P. Buhler

 

 

 

 

Développer des partenariats gagnants-gagnants entre startups et grands groupes

Mehdi ALAOUI a poursuivi en détaillant la mission de La Factory, dont il est Fondateur et dont l’objectif est d’accompagner les startups pour trouver leur market fit, puisqu’elles ont initialement davantage besoin de clients que de financements. Puisque les grands groupes ont besoin d’innover, La Factory joue le rôle de 1/3 de confiance permettant aux startups de déployer leurs solutions auprès des Corporates tout en étant rémunérés. La Factory développe pour cela un programme d’accompagnement, suivi d’un programme d’open innovation et de l’affectation d’un Chef de projet pour chaque initiative startup-grand compte, avant de permettre un accès au financement de la startup, via des passerelles avec des partenaires. Plus de 100 contrats ont ainsi été signés en 3 ans, avec près de 3,5 millions € de chiffre d’affaire généré sur la période.

 

 

 

« À la Factory, plus de 100 contrats ont été signés en 3 ans, avec près de 3,5 millions € de chiffre d’affaire généré sur la période » M. Alaoui

 

 

 

 

 

 

Minimiser le risque et hiérarchiser les besoins de l’entreprise

Selon Fattoum Nasser, CEO de Yummy, ce que les structures d’accompagnement telles que Saphir Lab, dont elle est alumni, apportent aux entrepreneurs, c’est une expertise et un réseau, à travers tout le Moyen Orient, la France et jusqu’en Europe pour le cas de Yummy. Selon elle, les entreprises doivent se concentrer sur les bonnes problématiques, avec tout d’abord la question du risque, qui doit être considéré comme une composante inévitable et donc être intégrée pour pouvoir travailler à la minimiser. Ensuite, il faut évaluer quels sont les besoins de l’entreprise : est-ce la connaissance ou le financement ? À quel stade développement est cette entreprise : lancement, développement ou maturation ? Trop souvent les entreprises pensent avoir besoin de financements, quand c’est sur la connaissance qu’elles devraient se concentrer.

 

 

 

 

« En tant qu’entrepreneur, vous allez nécessairement faire des erreurs, mais vous allez apprendre de celles-ci et l’important est donc de savoir minimiser le risque » F. Nasser

 

 

 

 

 

Des formations pratiques, scalables et privilégiant l’approche locale

L’African Institute Management (AMI) a été créé il y a 6 ans pour aider les entreprises africaines ambitieuses à croitre, se développer et créer des emplois : sa CEO, Rebecca HARRISON, explique que l’organisme a progressivement développé une méthode dédiée et efficace pour cela. Face au problème des talents et des capacités, AMI a ainsi pour objectif de former les entrepreneurs prêts à construire des business efficaces, au moyen de stages très concrets. Ces derniers reprennent les bonnes pratiques de formation, avec des méthodes modulables (cours en ligne et workshops de travail) et ancrées dans l’environnement local des entrepreneurs.

 

« À nos débuts, nous avons trouvé un écosystème de startups intéressant, avec quelques universités actives, mais le besoin et les lacunes se trouvaient réellement autour des compétences managériales et du leadership » R. Harrison

 

 

 

Réfléchir à connecter les bons projets aux bons leaders

La vision d’Emmanuel NOUTARY, Délégué Général d’ANIMA qui regroupe plus de 70 organisations à travers 18 pays, engagées pour la promotion de l’investissement face aux défis internationaux, va dans le sens de celle de Fattoum NASSER en affirmant que toutes les startups ne sont pas prêtes à être investies. L’initiative d’ANIMA, qui combine des programmes de transferts technologiques, un accélérateur et un programme de Tech Hubs partenaires, a accompagné 150 startups à date (40/an) et seules une vingtaine d’entre elles sont aujourd’hui prêtes à recevoir des financements. Selon lui, un bon projet c’est un bon leader en charge d’une bonne idée et qui rencontre un bon marché au bon moment. Le bon leader n’étant qu’une des données de l’équation, il faut réfléchir à déconnecter le leader du projet si ce dernier a émergé de manière parallèle.

« Un bon projet c’est un bon leader en charge d’une bonne idée et qui rencontre un bon marché au bon moment » E. Noutary

 

 

 

Leadership signifie également transmission du savoir, pour évangéliser les écosystèmes

Selon Josiah KWESI EYISON, Co-Fondateur du Hub ghanéen iSpace, le rôle des incubateurs est également d’évangéliser les universités, les banques et les grands groupes, qui ont tous un rôle à jouer dans la formation des leaders de demain. Il est ainsi très important de créer des programmes dédiés à l’entrepreneuriat dans les cursus d’enseignements. Trop peu en comprennent aujourd’hui et la simple maitrise de la notion de business modèle est difficile pour certaines des jeunes pousses qu’il rencontre. Ainsi selon lui, le Leadership ce n’est pas juste savoir, c’est transmettre ce que l’on sait.

 


« Le Leadership, ce n’est pas juste savoir : c’est transmettre ce que l’on sait. Le rôle des incubateurs est ainsi d’évangéliser les universités, les banques et les grands groupes, qui ont tous un rôle à jouer dans la formation des leaders de demain » J. Kwesi Eyison

 

 

 

 

 

Propositions et solutions pour renforcer incubateurs et leadership

Selon Pierre BUHLER, l’important est de travailler avec les incubateurs locaux qui sont plus proches de la demande, et de travailler à une meilleure corrélation entre diplômes et emplois. C’est pour englober ces deux problématiques que l’Institut français va, en partenariat avec la Commission européenne implanter des incubateurs dans une vingtaine d’universités.

Pour Medhi ALAOUI, il est crucial d’établir un label pour crédibiliser les incubateurs, dont beaucoup ne sont pas gérés par des entrepreneurs et reposent sur des mentors qui n’ont aucune formation. Le second point est de se concentrer sur les clients plus que sur les investissements pour les jeunes pousses, quand le troisième point majeur est de s’appuyer sur la diaspora. Ce second constat est renforcé par Fattoum NASSER, qui conseille aux jeunes pousses de ne pas se laisser tenter par les incitations à prendre des prêts bancaires, pour aller vers des choix intelligents et responsables.

 

« Il est crucial d’établir un label pour crédibiliser les incubateurs, dont beaucoup ne sont pas gérés par des entrepreneurs et reposent sur des mentors qui n’ont aucune formation » M. Alaoui

 

Rebecca HARRISON est convaincue que les projets utiles sont à privilégier sur les projets tape-à l’oeil : il faut être là où sont les besoins et ne pas regarder que les startup-hero.

Les incubateurs doivent savoir se transformer pour Emmanuel NOUTARY, pour être à l’écoute des besoins des entrepreneurs et des opportunités. Les critères de succès diffèrent néanmoins pour les structures privées (rentabilité et nombre de startups accompagnées) et publiques (impact sur le territoire, la création d’emploi..).

 

 

« Les incubateurs doivent savoir se transformer, pour être à l’écoute des besoins des entrepreneurs et des opportunités » E. Noutary

 

 

Pour conclure, Josiah KWESI EYISON appelle à la circulation des financements et des ressources, pour une ambition panafricaine et le développement de programmes de mentoring continentaux.

Synthèse

Les panélistes partagent le constat que toute entreprise n’est pas prête à être investie, et devrait avant tout se préoccuper de savoir à quel stade de développement elle se trouve, pour comprendre quels sont ses besoins et les hiérarchiser. Le besoin en compétences managériales est en effet souvent sous-estimé, quand il est pourtant crucial. De même, le carnet de commande et la capacité à obtenir des contrats sont fondamentales. Pour aller plus loin selon les panélistes, il faut travailler à une meilleure adéquation entre formation et emploi, ainsi que réfléchir à la création d’un Label qui permettrait de crédibiliser les meilleurs incubateurs : ceux à même de faire évoluer leurs programmes en fonction des besoins des entreprises. C’est l’une des visions du leadership : transmettre ses savoirs et permettre à son écosystème de passer à l’échelle.

À retenir

SAPHIR LAB EST UN INCUBATEUR CRÉE EN 2012 PAR L’INSTITUT FRANÇAIS, QUI A ACCOMPAGNÉ DURANT 8 ANS PRÈS DE 25 JEUNES POUSSES ENGAGÉES DANS L’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE.

LA FACTORY ACCOMPAGNE DES STARTUPS POUR TROUVER LEUR MARKET FIT, ET DEPLOYER LEURS SOLUTIONS AUPRÈS DES CORPORATES, TOUT EN ETANT RÉMUNERÉS.

YUMMY PROPOSE UNE APP POUR COMMERCIALISER SES PLATS MAISONS AVEC UNE ASSURANCE DE QUALITÉ ET UN SERVICE DE LIVRAISON. ACTIVE EN LYBIE, L’APP CIBLE PARTICULIÈREMENT LES ENTREPRENEURES.

L’AFRICAN INSTITUTE MANAGEMENT FORME LES ENTREPRENEURS PRETS A CONSTRUIRE DES BUSINESS EFFICACES, AU MOYEN D’UNE METHODE CONCRÊTE ET DE STAGES PRATIQUES.

ANIMA REGROUPE PLUS DE 70 ORGANISATIONS À TRAVERS 18 PAYS, ENGAGÉES POUR LA PROMOTION DE L’INVESTISSEMENT FACE AUX DÉFIS INTERNATIONAUX.

I-ISPACE EST UN TECH HUB GHANÉEN, QUI PROPOSE DES FORMATIONS AUX STARTUPS AVEC UNE EMPHASE PARTICULIÈRE SUR L’ENTREPRENEURIAT FÉMININ.

Visionnez la plénière : L'émergence du Leadership entrepreneurial africain Play Video


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