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L’Afrique, nouvelle frontière de la révolution numérique

01
Déc 2018

Plénière 1 du 20 novembre 2018 – Modérée par Samir Abdelkrim – Palais du Pharo – Emerging Valley

Panélistes :

  • Othman El Ferdaous, Secrétaire d’État chargé de l’Investissement auprès du ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique (Maroc)
  • Bosun Tijani, CEO et CoFondateur de CcHub (Nigeria)
  • Omar Cissé, CEO et Fondateur de InTouch, (Senegal)
  • Fatoumata Ba, CEO et Fondatrice de Jaango (Côte d’Ivoire)
  • Cedric Atangana, CEO et co-fondateur de WeCashUp (Cameroun)
  • Stephen Ozoigbo, CEO de DEMO Africa (USA / Nigeria)

Spécificités des entrepreneurs africains : le rôle de la tech

“En Afrique, la tech sert avant tout à améliorer les conditions de vie des citoyens, pour l’économie réelle, l’inclusion et le bien commun”

Fatoumata Ba, CEO et fondatrice de Jaango, ouvrait cette plénière en soulignant les trois caractéristiques fondamentales de l’entrepreneuriat numérique en Afrique selon elle :

  • Le caractère essentiel des défis auxquels il répond, dans l’objectif d’améliorer les conditions de vie de la population et de lui offrir un revenu économique récurrent et décent.
  • Le double enjeu de performance économique et d’impact social inclusif
  • La tech comme véritable opportunité pour les acteurs économiques oubliés et victimes de la fracture numérique, tels que les PMEs.

“Il ne s’agit pas de copier la Silicon Valley mais de rechercher des opportunités uniques permettant à la tech de créer une meilleure société “

Bosun Tijani appuyait le propos de Fatoumata Ba en soulignant l’existence d’une tech intrinsèquement for good en Afrique. Selon lui, le succès d’un projet entrepreneurial africain provient de sa capacité à utiliser la tech pour surmonter les défis du continent, que ce soit dans les secteurs de l’éducation, de la santé etc. Il évoque à ce titre l’ambition de Co-creation Hub d’accompagner les projets qui recourent aux technologies comme  moyens au service d’une finalité : la résolution de problèmes essentiels africains.

Pouvoirs publics et grands groupes, partenaires incontournables des startups

Face aux défis structurels auxquels sont confrontés les entrepreneurs (manque d’infrastructures par exemple), Othman El Ferdaous rappelle le rôle primordial des pouvoirs publics dans le “continent le plus fragmenté du monde” . En tant que représentant de l’Etat, il énumère quatre piliers fondamentaux à mettre en place afin de fournir à la fois le volume et une économie d’échelle aux entrepreneurs, notamment au Maroc :

  • Une politique de haut débit régional et national, avec notamment l’enjeu de la 5G
  • Le développement de la fintech et des paiements mobiles afin de lutter contre la fragmentation des marchés, ainsi que l’importance de la big data et de l’intelligence artificielle dans la structuration de ces marchés
  • La digitalisation du statut de l’auto-entrepreneur
  • La promotion de l’entrepreneuriat féminin

De même, selon Omar Cissé, les collaborations entre entrepreneurs et grandes entreprises sont essentielles  également dans la “conquête d’opportunités”. Il expliquait ainsi que les startups doivent développer des solutions et des technologies par elles-mêmes et, ensuite, les scaler grâce au réseau et à la sécurité d’un grand groupe, comme c’est le cas d’InTouch avec Total.

Opportunités du marché africain : l’exemple de la fintech

“L’Afrique est une terre de contrastes. De ces contrastes naissent beaucoup d’opportunités. “

Dépeint comme le “champion des fintech africaines”, et à son actif une levée de fonds record l’année dernière, Omar Cissé rappelait la pléthore d’opportunités à saisir dans le secteur de la fintech en Afrique. A titre d’exemple, sa société InTouch, composée aujourd’hui de 230 personnes à travers le continent, gère un million d’euros de transactions par jour et a l’ambition de couvrir 38 pays dans les trois-quatre prochaines années.

Un “pont entre l’Europe et l’Afrique” et une “ville chargée d’histoires”,  Cedric Atangana revenait sur son choix de baser sa startup à Marseille. Se définissant comme un “produit de l’association de l’Europe et de l’Afrique”, il développe actuellement ses opérations sur le continent africain. Il expliquait l’opportunité dont il s’est saisie avec WeCashUp : celle d’agréger des solutions de paiement et de les intégrer sur les sites d’e-commerce dans un marché africain très fragmenté. Des chiffres parlants de ce potentiel alors inexploité : une pénétration d’internet supérieure à 50%, un marché attractif et grandissant pour les sites marchands mais plus de 155 solutions de paiement différentes. Présents aujourd’hui dans 36 pays, Cedric Atangana est fermement convaincu que le marché africain est  le “plus attractif au monde aujourd’hui” et que l’” innovation du monde se passe en Afrique aujourd’hui”.

Développer et scaler sa startup africaine, au delà du continent : les bonnes pratiques

“ L’accès au capital, à des opportunités internationales, à un marché, à des technologies…. La Silicon Valley amène un environnement propice mais l’objectif final est de développer des solutions uniques africaines.”

Contrairement à ses collègues du panel, Stephen Ozoigbo s’investit dans le développement de l’entrepreneuriat africain en adoptant une approche internationale. Il fait notamment le lien entre la Silicon Valley et le continent en organisant, avec DEMO Africa, des rencontres entre  startups africaines et investisseurs nord américains et du monde entier. Il affirmait qu’il y a cinq pilliers qui ont permis de – et continuent à – promouvoir l’entrepreneuriat entre l’Afrique et le reste du monde :

  • Le gouvernement en tant que facilitateur
  • Les institutions
  • Les entreprises et investisseurs
  • Les entrepreneurs eux-même
  • La diaspora africaine

Sur ce dernier point, il recommandait notamment aux membres de la diaspora de prêter attention au contexte africain et d’apporter du mentorat, des conseils, du capital aux entrepreneurs africains. Son mot d’ordre final : penser l’Afrique d’un point de vue panafricain et global.

Conclusion

“Il y a une véritable culture de l’entrepreneuriat et de la startup en Afrique mais l’entrepreneur africain doit faire 200 fois plus d’efforts qu’un entrepreneur de la Silicon Valley”.

Othman El Ferdaous concluait sur l’importance de la collaboration entre les startups africaines et les grandes entreprises, concernant notamment la stratégie de sortie. Là où les marchés ne permettent pas une sortie de l’investisseur, un grand groupe peut offrir aux entrepreneurs une voie de sortie ou d’investissement. Le gouvernement a, selon lui, ici son rôle à jouer en tant que facilitateur, et créateur de “ponts” entre ces deux acteurs.

Enfin, il rappelait aux entrepreneurs la présence particulière de barrières naturelles à l’entrée du marché africain, et l’importance d’un travail de R&D en amont afin d’adapter leur produit ou services aux conditions du marché.

Synthèse :

De ce panel ressort l’idée clé selon laquelle l’entrepreneuriat africain se distingue des autres écosystèmes d’innovation dans le monde, notamment celui de la Silicon Valley, par son caractère intrinsèquement “tech for good”. En effet, la technologie ne se révèle autre qu’un catalyseur d’une société meilleure et une alliée d’acteurs économiques oubliés, comme les PMEs. Malgré de nombreuses opportunités à exploiter, telle que celles du secteur de la fintech par exemple, les startups font face à de multiples freins qui entravent leur développement et passage à l’échelle. En réponse à ces difficultés, quelques recommandations majeures sont à retenir pour les entrepreneurs : penser le marché au pluriel, en préférant une approche panafricaine et internationale ,  développer sa capacité à nouer des partenariats stratégiques avec des grands groupes sur le continent, dans un objectif d’entrée et de sortie du capital principalement, et engager un travail préalable de R&D afin de limiter les nombreuses barrières à l’entrée du marché africain. Enfin, l’Etat a également son rôle à jouer, en tant que facilitateur et pont entre startups et grands groupes, afin de permettre l’économie d’échelle des projets à travers des politiques publiques favorisant notamment la structuration des marchés

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