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Inaugural debate: Technological innovation driving African transformations: the time to accelerate

10
Feb 2020

Mercredi 4 décembre – Jour 1 – Plénière inaugurale – thecamp – 9h00 – 10h00         Modération par Samir ABDELKRIM  – Fondateur d’Emerging Valley

 

Panelists :

  • Tibou KAMARA – Ministre d’État, Ministre des PME et de l’Industrie de Guinée, Ministre Conseiller du Chef de l’État – Guinée
  • Dr Taleb SID AHMED– Ministre de l’Emploi, de la Jeunesse et des Sports – Mauritanie
  • Christophe ITIER – Haut-Commissaire à l’Entrepreneuriat Social et Solidaire de la France
  • Sarah TOUMI – Membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique et Marraine SIBC 2019 – Tunisie
  • Erik HERSMAN – Fondateur de BRCK – Kenya
  • Clément UWAJENEZA– CEO d’Andela Rwanda – Rwanda

Mise en contexte

En 2019, Emerging Valley fête déjà ses trois ans ! Devenu peu à peu le carrefour indispensable entre acteurs des écosystèmes numériques africains, méditerranéens et européens, le Sommet prend de l’ampleur chaque année. L’engagement continu de l’AFD, la venue régulière de personnalités de haut niveau dont plusieurs Ministres africains de l’Industrie, du Numérique, de la Recherche et de l’Innovation ainsi que le soutien cette année de la Commission Européenne, ou encore d’acteurs de référence sur le Continent tels que la Société Générale ou l’Office Chérifiens des Phosphates, sont un signal fort de cet intérêt croissant, aux plus hauts niveaux de décision, pour la Tech africaine. L’édition 2019 du rapport de Partech Africa est venue consacrer le temps de l’accélération pour les écosystèmes africains, qui ont passé en 2018 le seuil symbolique du milliard de $ levé auprès d’investisseurs. +108% de croissance annuelle sur le volume de fonds levés, +28% concernant le nombre de startups à réussir ces levées et +46% pour les levées en Séries A et B. Mais davantage qu’une accélération, on dénote une maturation de l’écosystème, tandis que sous l’impulsion des communautés tech locales s’instaure progressivement un climat de confiance, avec une professionnalisation croissante des entrepreneurs. Néanmoins et sans relâche, beaucoup reste à faire ! Les transformations africaines passeront par le saut vers les villes durables, capables d’abriter un quart de l’humanité à l’horizon 2050 tout en leur assurant un cadre de vie de qualité. Elles seront dopées par la féminisation des Tech, quand seulement 7% des levées de fonds aujourd’hui sont réalisées par des femmes alors que ces dernières sont bien plus nombreuses à créer des entreprises en Afrique qu’en Europe ! Enfin, comment veiller à un développement durable et inclusif, qui aille vers le bien commun sans créer une Afrique à plusieurs vitesses entre les zone méditerranéennes, anglophones et francophones ? Le débat est ouvert au cours de ces deux jours, pour débrider l’intelligence collective et réfléchir à l’immense potentiel de coopération entre nos écosystèmes pour accélérer ces dynamiques !

Prises de parole

Être au Rendez-vous de la 4th Révolution

Le Ministre des PME et de l’Industrie de Guinée, Tibou KAMARA, a ouvert cette plénière en détaillant l’implication de son pays dans le secteur digital, soulignant que le Chef d’État guinéen (le PrésidentAlpha Condé) avait pris la mesure de cette 4thrévolution, qui constitue à ses yeux une opportunité pour rattraper le retard observé dans plusieurs secteurs. Aujourd’hui, la Guinée s’engage à placer le numérique au cœur de la gouvernance pour être un facteur de développement économique et social. Pour cela, un programme d’investissement a été entrepris, dans les infrastructures de télécommunications d’une part pour améliorer la connectivité, et d’autre part pour favoriser l’émergence de nouveaux services – notamment financiers – avec un accent mis sur les jeunes, les femmes et l’agriculture.

 

 

« Aujourd’hui, la Guinée s’engage à placer le numérique au cœur de la gouvernance pour être un facteur de développement économique et social » T. Kamara

 

 

 

 

On ne peut parler d’innovation sans parler d’éducation

Selon Sarah TOUMI, marraine du Social & Inclusive Business Camp de l’AFD et membre du Conseil Présidentiel pour l’Afrique, venue à EV19 pour rencontrer et accompagner ces générations qui prennent en main leur destin, le problème est que ces jeunes ne trouvent pas les écosystèmes à même de les porter. Elle est tout d’abord convaincue que quand on a une population méditerranéenne et africaine jeune et qui n’a pas accès à une éducation de qualité, on ne peut parler des sujets digitaux, innovation et numérique sans aborder le sujet de l’éducation. Elle est convaincue qu’il faut cesser le saupoudrage et passer de l’incubation à l’accélération. Le digital offre à ses yeux une réponse incroyable à tous ces défis (migratoire, environnemental, générationnel), même si ce n’est qu’un outil : ce sont nos cerveaux qui trouveront la solution. D’où l’importance fondamentale de l’Éducation : on ne peut parler d’innovation sans parler d’éducation !

 

 

« Je suis venue à EMERGING Valley pour rencontrer et accompagner ces générations qui prennent en main leur destin. Tous essaient de résoudre des problématiques sociales, ont souvent moins de 30 ans " S. Toumi

 

 

 

 

Débloquer la confiance pour attirer les investissements

Le CEO d’Andela Rwanda, Clément UWAJENEZA, appuie les propos de Sarah TOUMI : la plupart des initiatives sont du saupoudrage et ne créent pas cette croissance accélérée tant attendue. La première barrière est selon lui la confiance, nécessaire à la rencontre des idées, des compétences et des flots de financements. Les investisseurs aujourd’hui ne sont pas assurés que le marché suive, que les sociétés soient assez matures pour recevoir leurs investissements ni qu’il y ait assez de compétences. L’une des solutions pourrait résider dans des partenariats publics-privés, à l’exemple de celui passé par le gouvernement rwandais avec la précédente société de M. Uwajeneza : Irembo. C’est selon lui un moyen de montrer la confiance du gouvernement dans les entreprises locales, tout en créant des succes stories.

« Aujourd’hui les investisseurs disent : « On est pas surs que le marché va suivre, ni que les sociétés sont assez matures pour absorber nos investissements, qu’elles ont les compétences ». « C’est une question de confiance " C. Uwajeneza

 

Après la production locale, le passage aux stratégies multi-pays

 

« La Tech a engendré le plus grand changement jamais observé sur le Continent depuis les indépendances, en bouleversant jusqu’à la société elle-même " E. Hersman

 

Erik HERSMAN, Fondateur de la startup kenyane BRCK qui apporte internet aux populations reculées, estime que la Tech a engendré le plus grand changement jamais observé sur le Continent depuis les indépendances, en bouleversant l’entrée sur le marché, la manière dont les sociétés travaillent et jusqu’à la société elle-même. Les smartphones en sont la dernière étape, avec le digital de masse, accessible à tous. Depuis cette révolution survenue dans les années 2008-2010, une nouvelle vague survient aujourd’hui avec le passage à l’échelle de sociétés comme Andela, qui sont dorénavant multi-pays. Selon Erik, on a débuté le processus qui veut que les produits consommés par des africains soient fabriqués en Afrique, par des africains. La prochaine étape doit être de rendre ces produits accessibles à tous en multi-pays, de Lagos à Nairobi en passant par le Rwanda.

Refonder les parcours d’enseignements pour capitaliser pleinement sur le digital

Le Ministre mauritanien de l’Emploi et de la Jeunesse, le Docteur Taleb SID AHMED, a également défendu la thèse de l’Éducation, dans laquelle il place le grand défi de l’Afrique. Selon son diagnostic, le chômage en Mauritanie est un problème majeur, renforcé par un véritable déficit en matière de compétences qui empêche aujourd’hui de tirer pleinement profit du digital. C’est pour lui une particularité d’Afrique francophone, dont les systèmes éducatifs ne se sont pas adaptés aux évolutions numériques et où la croissance économique ne s’est pas traduite en création d’emplois. Il faut donc refonder les curricula et mettre l’accent sur les compétences, pour que les jeunes puissent capitaliser sur le digital. Le gouvernement mauritanien s’est ainsi engagé dans le soutien aux startups et à la création entrepreneuriale, et a notamment décidé de créer des incubateurs.

« Une particularité d’Afrique francophone : les systèmes éducatifs ne se sont pas adaptés aux évolutions numériques, et la croissance économique ne s’est pas traduite en création d’emplois " T. Sid Ahmed

 

 

Sécuriser les fonds privés et lever les freins législatifs

Concluant cette séquence inaugurale, le Haut-Commissaire à l’ESS de la France, Christophe ITIER, a appuyé le diagnostic du Ministre SID AHMED : Europe et Afrique rencontrent des défis communs, exprimés de manière différente mais traitant également des jeunes et de la formation. Au Kenya par exemple, 1 million de jeune arrivent sur le marché tous les ans ! Un gisement d’emplois existe, qui n’est aujourd’hui pas pourvu faute de compétences, et puisque l’économie est en train de muter, il faut revoir tout l’appareil de formation. Il affirme qu’il faut avancer en coalition et non plus en silo, pour revoir l’écosystème d’accompagnement des entreprises. C’est pourquoi le gouvernement a lancé l’initiative French Impact, dotée de 400 millions € de fonds privés pour financer l’amorçage et l’accélération d’entreprises à impact. Les pouvoirs publics doivent selon le Haut-Commissaire prendre leur responsabilité, en sécurisant les fonds privés qui font le pari de l’investissement à impact. Ensuite, le rôle de la puissance publique et de lever les freins législatifs qui bloquent les entreprises, en travaillant sur le cadre juridique. Une équipe de hackeurs publics a ainsi été mise en place, qui réfléchit à la manière de desserrer les normes pour une révolution culturelle.

 

«  Le siècle dernier était celui de la compétition, celui qui s’ouvre est celui de la coopération : nous n’arriverons à nous élever à la hauteur des défis qui sont les nôtres que si nous avançons en coalition " C. Itier

 

Summary

Le digital et l’innovation sont vus par tous comme une opportunité pour l’Afrique et la Méditerranée, mais une opportunité qui doit être mise à la portée de la jeunesse - et des femmes – en retravaillant en profondeur les cursus d’enseignements, pour les adapter au monde du travail et au monde numérique. Cette opportunité doit également être accompagnée des pouvoirs publics, pour créer un cadre propice et sécurisé pour permettre aux investisseurs privés de jouer pleinement leur rôle. Ainsi, on débridera les flux d’investissements pour un passage à l’échelle et une régionalisation des startups, vers une croissance accélérée et inclusive.

À retenir

LA RÉPUBLIQUE DE GUINÉE A LANCÉ UN PROGRAMME D’INVESTISSEMENT DANS LES INFRASTRUCTURES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS POUR AMÉLIORER LA CONNECTIVITÉ, AVEC POUR PRIORITÉ LES JEUNES, LES FEMMES ET L’AGRICULTURE

IL EST CRUCIAL DE RAPPROCHER LES CURSUS D’ENSEIGNEMENT DES BESOINS DU MARCHÉ DU TRAVAIL

POUR CRÉER UNE CROISSANCE FORTE, IL FAUT CESSER LE SAUPOUDRAGE ET PASSER DE L’INCUBATION À L’ACCÉLÉRATION

LE PUBLIC DOIT TRAVAILLER À SÉCURISER ET METTRE EN CONFIANCE LES INVESTISSEURS À IMPACT, POUR CRÉER LA CONFIANCE ET DÉBLOQUER LES FLUX D’INVESTISSEMENTS

POUR PRODUIRE EN AFRIQUE LES PRODUITS DESTINÉS AUX AFRICAINS, IL FAUT DES STARTUPS QUI PASSENT À L’ÉCHELLE MULTI-PAYS ET PANAFRICAINE


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