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3 QUESTIONS À VALÉRIE VERDIER, DIRECTRICE GÉNÉRALE – IRD

3 QUESTIONS À VALÉRIE VERDIER, DIRECTRICE GÉNÉRALE – IRD

22
Avr 2021

Pourquoi soutenir EMERGING Valley, Online Edition ?

Pour de nombreuses raisons. La première est son attachement à Marseille et à la Méditerranée dans son ensemble, où l’IRD se mobilise avec ses partenaires sur les différents territoires méditerranéens mais aussi intertropicaux, et où nos équipes sont engagées à développer des partenariats scientifiques équitables et justes.

Ensuite, parce que la dimension multi-acteurs de ces rencontres me tient à cœur. A l’IRD nous pensons que c’est grâce à une approche transverse et multi-acteurs que nous pouvons apporter des solutions concrètes. C’est parle dialogue entre un scientifique, un anthropologue, un représentant de l’Etat, du secteur privé, du monde associatif que la solution se formulera la plus complète et pertinente possible afin, in fine, de mieux conseiller la décision publique.

Enfin, parce que nous devons sensibiliser le grand public sur des thématiques cruciales comme la santé, le changement climatique et la biodiversité, pour éviter les crises qui nous touchent toutes et tous. La crise Covid19 nous le montre malheureusement et il faut mieux pouvoir les anticiper. Des évènements comme EMERGING Valley permettent une appropriation par le public de sujets de sociétés dont ils sont acteurs. Et n’oublions pas les jeunes, nous devons utiliser la force de la jeunesse, si engagée à changer son quotidien, ces évènements leur sont destinés.

Face à la crise sanitaire que le monde traverse, l’édition de EMERGING Valley s’engage auprès des entrepreneurs du continent et fait le choix de mettre à l’honneur leur résilience et leurs innovations nées de la crise. L’IRD s’est également engagé auprès du monde de la recherche du continent. Pouvez-vous revenir sur les objectifs et les raisons d’être du comité scientifique que vous avez créé à cet effet ?

La crise COVID-19 a énormément mobilisé l’IRD, mais d’une manière générale, les chercheurs et ingénieurs ont tous répondu présents aux appels que j’ai lancé et ceux des structures et agences de recherche française, européenne et internationale.

L’IRD, au côté de REACTing (REsearch and ACTion targeting emerging infectious diseases) et de l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales) ont mis en place une Task Force Covid-19 pour mobiliser la recherche française dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. L’objectif étant d’assurer une bonne coordination des projets de recherche portés par ou en associant les institutions partenaires dans ces pays quels que soient le thème et la discipline scientifique. Cette Task Force est copilotée par un chercheur du Sud, le Professeur Nicolas Meda de l’Université de Ki-Zerbo à Ouagadougou, et un chercheur du Nord, le Professeur et Directeur de l’unité TransVIHMI, Eric Delaporte.

L’IRD, en interne, a en effet, aussi mis en place un comité scientifique interdisciplinaire et partenarial Covid-19 composé de chercheurs et chercheuses de l’IRD ainsi que de nos partenaires du Sud. Sa mission est de conseiller la gouvernance de l’IRD et de coordonner de manière la plus pertinente les actions scientifiques de l’IRD face à l’urgence sanitaire actuelle.

En plus de la e-santé, la préservation de la biodiversité sera mise à l’honneur lors du sommet. En tant que Docteur en sciences végétales ayant travaillé aux quatre coins du monde, pourquoi est-ce important pour vous de lier les mondes de l’entrepreneuriat, de la recherche et les différentes expertises nationales dans la lutte pour la protection de la biodiversité ?

Il est important, plus que jamais, de lier les mondes de l’entreprenariat, de la recherche ainsi que les différentes expertises nationales dans la lutte pour la protection de la biodiversité. C’est là toute la richesse de la mise en synergie d’approches multisectorielles. En effet, la période actuelle suscite beaucoup de réflexions sur les liens entre environnement et santé, mais aussi sur le nécessaire rapprochement des 3 conventions de Rio (climat, biodiversité, désertification). Aussi sur leur croisement avec des questions politiques et sociales plus globales ce qui montre bien l’importance d’une approche intégrée, systémique et transdisciplinaire des questions environnementales.

Cette approche, qui est celle de la science de la durabilité, est au cœur de la démarche de l’IRD. L’IRD regroupe des experts de très haut niveau dans les domaines des géosciences, des sciences du vivant et des sciences humaines et sociales. Ils travaillent de manière interdisciplinaire et à plusieurs échelles : en écologie, sur l’évolution, sur la dynamique et le fonctionnement des écosystèmes continentaux et marins (hauturiers, côtiers et littoraux), sur leur adaptation aux changements globaux (climatiques et d’usages) et sur les relations nature et sociétés dans les pays méditerranéens et intertropicaux.

L’IRD a mis en place de nombreux dispositifs (comme les Laboratoires Mixtes Internationaux) et observatoires avec une véritable implantation logistique et des connexions académiques construites dans la durée (filières d’enseignement, etc.). Ils nous permettent d’ancrer nos recherches en partenariat dans le temps et sur les terrains, en lien direct et étroit avec les communautés scientifiques du Sud.

En tant que Docteure en biologie, Présidente-Directrice générale de l’IRD, et en tant que citoyenne consciente des bouleversements que la planète traverse, je suis convaincue que seule une approche transverse et multi-acteurs des questions sur la protection et la valorisation de la biodiversité nous permettra de créer et porter des solutions qui doivent aussi passer par la création d’emploi et de startups avec et pour les sociétés dans lesquelles nous vivons et travaillons, et plus particulièrement en Afrique.

Retrouvez l’intervention de Valérie VERDIER, lors de la plénière dédiée à la E-santé : La riposte africaine à la COVID-19.

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