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Accélérateurs, Innovation Space : A la découverte des Tech Hubs africains (en partenariat avec Afric’Innov)

01
Déc 2018

Plénière 3 du 20 novembre 2018 –  Modération par Christian Jekinnou d’Afric’Innov / Palais du Pharo  – Emerging Valley

➢     Jean-Patrick Ketcha, Fondateur de Le Boukarou (Cameroun)

➢     Max Cuvellier, Directeur du programme Ecosystem Accelerator de GSMA (Royaume-Uni)

➢     Laurence Olivier, Directrice Générale de Marseille Innovation (France)

➢     Larisse Adewui, Directeur Exécutif de Youth CDC (Togo)

➢     Emmanuelle Bouiti, Responsable Incubation et Accélération de Etrilabs (Bénin)

==> RETROUVEZ LE REPLAY VIDEO DE LA PLENIERE EN BAS DE L’ARTICLE <==

Keynote introductive

Sans pour autant nier le réel dynamisme actuel de la tech africaine, Christian Jekinnou invitait à dépasser les chiffres optimistes de Partech Ventures (560 millions de dollars levés en 2017 par exemple) afin de se questionner sur la difficulté à identifier de vrais acteurs de qualité sur le terrain. Afric’Innov est aujourd’hui un programme de renforcement des capacités des structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat innovant en Afrique, composé de 30 structures provenant d’une quinzaine de pays d’Afrique. Christian Jekinnou  énumérait leurs 4 critères majeurs de sélection, critères que ne remplissent qu’⅓ des candidatures reçues à ce jour :

  • Etre un acteur légalement constitué
  • Avoir au moins 2 personnes dans l’équipe dédiées à l’accompagnement des projets
  • Accompagner des porteurs de projets sur le terrain et pouvoir en témoigner
  • Avoir un lieu dédié à l’accompagnement (locaux)

Il revenait ensuite sur les différents dispositifs et outils d’Afric’Innov, notamment un guide pratique sur l’accompagnement de l’entrepreneuriat en Afrique, distribué en avant-première à Emerging Valley.

Identifier les écosystèmes africains de l’entrepreneuriat

“Le meilleur moyen de sourcer de bons projets locaux, c’est de s’appuyer sur des structures qui travaillent avec elles : incubateurs, techhubs, espaces de coworking…”

Max Cuvellier intervenait dans le cadre du programme d’accélération virtuelle de startups africaines “Ecosystem Accelerator” de GSMA .Il revenait sur leur arrivée au sein de l’écosystème il y a quatre ans et le constat qu’il y avait alors un véritable “trou dans le marché” concernant la connaissance des acteurs locaux, leur crédibilité et leur présence sur le terrain. Ils ont donc créé une des premières bases de données des techhubs, qui est devenue jusqu’à aujourd’hui la ressource la plus consultée en la matière. Concernant l’évolution des écosystèmes d’innovation africains, il notait trois dynamiques majeures :

  • La croissance rapide du nombre de tech hubs (de plus de 300 en 2016 à 442 en début d’année 2018)
  • Une difficulté à trouver un bon modèle économique
  • Une spécialisation croissante des techhubs qui s’adaptent eux aussi à l’évolution du marché

Créer un environnement propice à l’accompagnement en amont

L’importance du “mindset “: l’exemple du Boukarou

“Nous considérons les jeunes comme le pivot de cette nécessaire prise de conscience que les Africains doivent mettre en oeuvre pour collectivement mieux vivre”

Jean-Patrick Ketcha, fondateur de Le Boukarou, évoquait le long “travail de réveil” auquel a été confronté l’incubateur avant tout travail d’accompagnement. Dans leurs efforts pour construire en amont un environnement propice à la mise en place d’un écosystème innovant, ils ont dû avant tout changer le mindset des futurs entrepreneurs.Il évoquait cet effet de mode qui poussait les jeunes à ce qu’il appelle une “CEOtite aigüe”, soit aspirer à l’entrepreneuriat pour le prestige social. Le Boukarou s’est ainsi engagé dans une mission d’idéation promouvant l’utilisation de la tech afin d’optimiser la manière dont un problème sera résolu. La structure encourage les jeunes à se consacrer aux problèmes dans leur propre quartier au Cameroun.

Le rôle de l’éducation : l’exemple de Youth CDC

Au-delà d’un”état d’esprit” à véhiculer aux aspirants jeunes entrepreneurs, Larisse Adewui,créateur de YouthCDC défendait l’importance de la formation. Face à la multiplication des modèles de financement innovants, les entrepreneurs sont confrontés à la nécessité d’ouvrir leur capital et de collaborer avec des acteurs partageant une culture différente. Avec leur programme, ils entendent ainsi d’une part, accompagner les entrepreneurs à “grandir et se faire financer” , et d’autre part adopter le rôle de pont entre les jeunes et les acteurs du financement dont ils relaient le message.

Accompagner les entrepreneurs au développement et à la levée de fonds : vision, atouts, obstacleset perspectives

“La vraie question à se poser en tant qu’entrepreneur, est comment pérenniser une idée, en faire un business et vivre de cela”

Emmanuelle Bouiti, présentait Etrilabs, un techhub et écosystème d’innovation qui oeuvre à faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs collaboratifs. Leur programme intensif de quatre mois , Etristars , accompagne les entrepreneurs tech à booster la croissance de leur entreprise et les prépare à la levée de fonds. Elle relevait également cet effet de mode à créer sa startup autant qu’à créer des tech hubs. Face à ça, Etrilabs adopte une approche centrée sur le financement, la rentabilité et la pérennité d’une startup à travers un accompagnement structuré qui s’appuie sur le mentorat.

“Pour nous, passer par la formation permet aussi aux acteurs du financement de faire passer leur message et d’inoculer le bon virus aux entrepreneurs à travers notre programme.”

Larisse Adewui rappelait la difficulté rencontrée par les startups d’accéder au financement mais également à des marchés. Il défendait le rôle des tech hubs et structures d’accompagnement comme véritable plaidoyer auprès des institutions. Ainsi par exemple il annonçait que le gouvernement togolais avait décidé que 40% des marchés publics seraient exclusivement dédiés aux jeunes de moins de 40 ans. Il dénonçait également l’écart entre les tickets d’investissement proposés par les fonds et la réalité de terrain. Selon lui, avec 90% du secteur privé composé de PMEs en Afrique, il est nécessaire de construire davantage de véhicules d’investissement correspondant aux besoins du marché, soit des tickets avoisinant les 30 000 euros en phase d’amorçage.

Les freins spécifiques à l’entrepreneuriat et à l’accompagnement en Afrique : l’exemple du Cameroun

“En Afrique, accompagner les entrepreneurs, c’est pire qu’un parcours du combattant.Mais il y a la passion”.

Jean-Patrick Ketcha revenait sur les spécificités de l’accompagnement au Cameroun, qui se retrouvent également dans de nombreux pays africains. Dans un contexte de triple crise, économique, sociale et sociétale, il observait que les jeunes entrepreneurs sont confrontés à deux problèmes majeurs. Premièrement, ils rencontrent des difficultés à subsister à leurs propres besoins avant même d’avoir les capacités financières à développer un projet. Deuxièmement, le système éducatif, selon lui, ne promeut pas l’entrepreneuriat dans son offre de formation. Il constatait ainsi un fossé entre les attentes et compétences des jeunes et les exigences de la réalité du terrain de l’entrepreneuriat. Il mentionnait également une législation inexistante et une administration “compliquée”, qui “livrent les startups à elles-mêmes”.

Similitudes et différences entre écosystèmes d’innovation africains et français , perspectives communes : l’exemple de Marseille Innovation

Laurence Olivier, de Marseille Innovation revenait sur ce réseau de quatre pépinières d’entreprises tech et innovantes à Marseille qui accompagne au quotidien des entreprises en phase de démarrage sur l’ensemble des volets de développement pendant quatre ans. Elle notait les similarités entre les deux écosystèmes africains et marseillais, en terme de comportement notamment avec la starification de la startup et de l’entrepreneur et l’accès difficile au financement malgré un écosystème régional bien pourvu. De même que ses collègues installés en Afrique, elle prônait le “bon sens” comme critère de sélection majeur des entreprises accompagnées, soit leur capacité à répondre à ces questions fondamentales : “pourquoi créer, pour qui, pour quels besoins”. En terme d’évolution de l’entrepreneuriat, en tant que structure accompagnante, elle remarquait également la tendance grandissante des futurs entrepreneurs à ne pas vouloir seulement “faire fortune” mais également créer un impact.

Elle exprimait l’ambition de Marseille innovation de créer des ponts à l’international avec un focus important sur l’Afrique. Elle rappelait également la prochaine naissance d’une structure localisée à la Cité de l’Innovation qui aspire à devenir un hub et un pont pour faciliter les échanges de bonnes pratiques françaises et internationales.

Synthèse

Malgré des chiffres relevant le dynamisme croissant des tech hubs et écosystèmes d’innovation (de 300 en 2016 à 442 tech hubs en 2018), il demeure encore aujourd’hui difficile d’identifier de réelles structures d’accompagnement opérationnelles et de qualité sur le terrain. Pour ces dernières, le soutien aux startups ne se fait ensuite pas sans difficulté. En effet, préalablement à tout travail d’accompagnement, elles sont confrontées au besoin d’éduquer et de préparer les jeunes africains aux réalités de l’entrepreneuriat, au delà de tout effet de mode, autrement dit de choisir une problématique réelle et de transformer une solution en business rentable. Face aux difficultés des entrepreneurs à lever des fonds, les structures prônent la nécessité de mobiliser des véhicules d’investissement adaptées à leur besoin, particulièrement en situation d’amorçage. Enfin, bien plus qu’un soutien au projet, la structure d’accompagnement en Afrique devient un pilier crucial pour l’entrepreneur confronté à diverses problématiques substantielles et  souvent “livré à lui-même” par le gouvernement. Il apparaît que ces différents enjeux se retrouvent également dans les structures d’innovation marseillaises, invitant ainsi à la création de synergies entre ces deux écosystèmes africain et européen.

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